Dans une logique du réel et de synthèse du discernement, les politiques sont tenus de changer de pétoire d’épaule. Imaginons que nos gouvernants aient toutes les qualités requises pour administrer le pays et qu’ils aient une redoutable dose de bon sens et d’entendement… Seraient-ils encore dans l’impasse où ils sont aujourd’hui ? Pour beaucoup, faire de la politique n’exige pas nécessairement une grande culture des connaissances générales de la charge publique, mais oblige uniquement à un apprentissage des rouages des institutions de l’exécutif mais aussi une parfaite maitrise de la psychologie humaine notamment la psychologie de la périphérie. Cela est indispensable et inévitable et devrait venir en première préoccupation. La politique n’est pas un métier : c’est de préférence, le plus souvent, un engagement ou une vocation qui impose un grand dévouement et une disponibilité de tous les instants. Un peu comme la pratique des médecins qui nous soignent indépendamment de nos origines, de nos ressources financières, de notre couleur de peau ou de notre obédience religieuse. Mais l’abnégation ne fait pas tout. Cela ne suffit pas. Loin s’en faut.
Les membres du gouvernement actuel, comme ceux des précédents depuis des décennies, mais en pire, à part quelques exceptions, manquent cruellement de l’essentiel qui fait la différence entre un politicien professionnel généralement véreux et un authentique responsable : le pragmatisme !!! Ce pragmatisme qui résulte avant tout et surtout d’un sacré bon sens à l’écoute des administrés. Et qui n’a rien à voir avec un quelconque opportunisme comme certains le pratiquent allègrement. La différence est ténue, mais elle est bien là pour confirmer la supériorité du meilleur, de celui qui sait, qui comprend et qui agit pour le bien de tous sans distinction aucune. Tout le contraire de nos dirigeants qui n’ont plus de boussole et qui ne savent plus où ils vont. Qui n’ont plus d’autorité et laissent tout aller à vau-l’eau : il est plus facile de ne rien faire que d’agir. Évident !!!
Pris dans le surchauffe de la surenchère et des ambitions personnelles, ils ont, surtout, perdu depuis longtemps tout sens du réel. Ils vivent ailleurs, dans un monde hors-réalité, d’où ils ne sortent que pour communiquer, à des citoyens sidérés par tant d’indigence, sur des sujets qui n’intéressent qu’eux-mêmes. Peu de gens continuent d’être dupes, la soupe est par trop insipide et repoussante. Beaucoup se rendent compte de l’incompétence, devenue chronique, de nos dirigeants à appréhender la réalité de l’état du pays. Quelques-uns, dépités, se laissent tenter par le mirage sarkozien ou les illusions hollandaises là où d’autres iront bâfrer sinon baver dans l’auge du Front Nationale. Ce mirage peut encore faire diversion, mais il ne pourra pas combler le vide sidéral qu’entretiennent la gauche molle et la droite dure dans des cerveaux fatigués par trop de promesses non tenues ou trop souvent trahies. Pourtant, d’autres plus fragiles et influençables s’accrochent comme des naufragés, pour ne pas se noyer complètement, à une gauche en faillite, une gauche épuisée qui ressemble de plus en plus à une embarcation à la dérive. Celle qui va inévitablement couler jusqu’aux abysses pour ne plus remonter. Parce qu’elle n’a rien compris à l’aspiration des Français. Et à la France qui change.
Les patriotes de tous bords ont un boulevard devant eux et un sacré défi à relever. Qu’ils ne se trompent pas d’adversaires, sinon l’ascension restera infructueuse et la chute sera fatale. Dire que « l’union fait la force » est devenu un pléonasme, mais il n’y a pourtant pas meilleure formule. Pas facile, c’est sûr, car cela demande beaucoup d’intelligence, de doigté et par-dessus tout, d’une formidable perspicacité et d’un bon sens à toute épreuve. Les petites rancunes personnelles, les appréhensions idéologiques, les calculs politiciens et mesquins, doivent être laissés au vestiaire de la République. C’est elle qui est en danger, pas le vestiaire !
Mais prendre le pouvoir, ce n’est pas tout ; encore faut-il le garder. Pas pour faire n’importe quoi comme les prédécesseurs. Sinon, il vaut mieux rester confortablement assis dans son fauteuil à regarder passer… la caravane de la périphérie. Avoir le pouvoir pour le pouvoir n’a pas beaucoup d’intérêt autre que pécuniaire. Et ce n’est pas de cela qu’il s’agit pour des patriotes, amoureux de la France et soucieux du bien-être des Français. C’est un pays qu’il faudra reconstruire et remettre au travail sur de bonnes bases en redonnant vie à la confiance désormais mortifère de la périphérie, il faudra restaurer la politique, la vraie, celle qui fait rêver, qui transporte vers des idéaux poétiques et qui ouvre au savoir, à l’intelligence, le plus humble d’entre nous pour en faire un citoyen éduqué, éclairé et sensé. Surtout, le projet demande une logique du réel sans faille et une synthèse du discernement inébranlable. Tout ce qui a tant manqué aux incapables qui nous ont gouvernés pendant trop longtemps. Ne reproduisons pas les mêmes erreurs.
La France vaut bien une messe…