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Du racisme légal et des propos incendiaires

Publié le 30 Septembre 2018 par Nasser Adjissa

                               

                            Nous  commencerons par convoquer la bien pensance en ces termes : « Au nom de "l’extrême" diversité des origines, Naso récuse violemment l’idée que l’homme soit avant tout un instrument politique. Un seul critère est valable : la qualité de citoyen ».

                           La conviction de Naso est motivée par une volonté fondamentalement objective. Toutefois, un tel positionnement dévoile un zèle dangereux qui s’explique par le fait que certains chrétiens voir au pire des juifs  semblent rencontrer, un écueil congénital avec lequel l’on ne peut pas négocier ou tout simplement minimiser. C’est le cas ici. En effet, récuser l’être moral au profit de l’objet politique voir pire l’être vivant, c’est en même temps que de niveler tout, laisser le problème entier. C’est dans une certaine mesure avouer le primat de l’objétisation sur le vivant. Il est évident que l’histoire récente de la dernière présidentielle pour ne pas parler de la banalisation du racisme dont Eric Zemmour peut se targuer témoigne d’un fait : les faiseurs et défaiseurs d’opinion  interprètent tout de manière à donner du sens à leur déviance « intellectuelle ».

                       Or, la quête de sens qui aurait du primer laisse apparaître une rupture de dialogue  permanent entre d’une part, musulmans et le reste de la société, et d’autre part, entre musulmans et musulmans. Le musulman est ici assis le cul entre deux chaises.

  • Comment cette rupture se décline-t-elle concrètement dans ce récit ?

                               Commençons d’abord par mettre en évidence que la prise de conscience est un acte fondateur pour l’humain. Tous les combats ayant ponctué l’histoire humaine donnent toute son importance et son rôle décisif dans la quête de reconnaissance et de respect qui est du à chaque être humain mais aussi la capacité de dialogue. Pourtant  la capacité de penser du restant de la société sera ici laminée presque abolie.

                     Nous le disions précédemment, le dialogue est un acte fondateur pour l’être humain. Chez tout humain, le dialogue  s’assimile au verbe primordial qui construit au lieu de détruire. Le verbe positif nourrit l’âme en construisant la société. Pourtant le verbe servira plus à semer la zizanie voir le chaos que niveler les différences en les faisant accepter de tous. A l’aube de l’humanité était le verbe ». Chez le rationaliste, la prise de parole est l’acte le plus spécifique à l’humanité dés lors où elle est constructrice et non point destructrice. Pourtant au lieu de réunir, ces derniers temps, cette capacité à dialoguer semble comme annihilée presque kidnappée par des oiseaux oiseux qui plus est de mauvais augure de la facture du reste de l’idiot utile. Toutefois, qu’est-ce véritablement la capacité de dialoguer? Elle est en tant que logos une étape finale de l’activité exercée par l’intelligence.. En effet, le dialogue est l’extériorisation de la volonté de connaitre l’autre. Le dialogue, est à la base une pensée non objectivée non extériorisée somme toute une volonté pacifique capable d’arrondir les angles en consultant l’autre.  Un deuxième état reste une pensée articulée autour de la connaissance de l’autre afin de bâtir en commun. . Et c’est l’extériorisation de cette pensée, cette capacité à construire ensemble que l’on nomme socialisation et qui en forme le noyau central de toute étape.

                         Cela dit, une chose fondamentale se donne dans la tendance actuelle animée par des semeurs de haine assermentés et dont la mémoire semble courte en regard de l’histoire. Autrement dit les coupables d’hier semble être les alliés d’aujourd’hui. Enfin pas vraiment du moins pas au niveau horizontal. Et toc !!!

                           En résumé, la parole confisquée n’est pas l’apanage exclusif des dictatures. Même en démocratie la parole semble confisquée au profit de semeur de troubles ayant pignon sur rue.  La distribution de la parole atteint un niveau de parcimonie dont les musulmans de France se seraient bien passés. En tant que réalité objectivée, ces expériences du corpus politique et médiatique exposent le dialogue à deux vitesses. Selon les haineux affirmés et assumés, il est des citoyens qui seraient incapable de dialoguer avec le restant de la société en omettant bien sûr le fait qu’ils ont délibérément été cantonnés dans « des camps de concentration » d’où le  communautarisme. De ce fait, rompus aux coups tordus, les musulmans n’arriveraient pas ou refuseraient délibérément  de dialoguer avec le restant de la société ( ?!?!?!). Pour les racistes louvoyant, de l’engeance d’Eric Zemmour et autres pervers de la parole haineuse, il suffirait tout simplement de déporter ces non-humains qui pollueraient l’onde pure de la démocratie. ( ?!?!?!).  Ce qui se donne à voir aussi, c’est que cette possibilité de dialogue inter ethnique sera la chasse gardée de l’élite. Si l’on considère cet extrait, dans sa dimension scénographique, elle donne à voir une objectivation de la parole confisquée. Mais la pensée objective  choisit d’ailleurs ici le terme de censure avec tout ce que cela implique comme réduction. Il faudra donc être rien de moins qu’un prophète pour participer à ce banquet avec les non chrétiens notamment certains juifs du style Alain Finkielkraut.

                              Ce procédé s’apparente à une figure de rhétorique qui consiste à attribuer des caractères et/ou capacités animales à des êtres humains ou autres êtres jugés maléfiques. Donc, seul le don de la parole positive et son usage rationnel semble constituer une frontière entre l’animal à l’homme. Pourtant, ce sont ces  olibrius qui devraient être définis comme des animaux doués de la parole.

                         Seulement, le corpus raciste qu’il émane de Marie Le Pen, de Philipot ou d’Eric Zemmour & Co ne peut être pris à la légère.  Les discours rapportés de Naso, doivent être orchestrés de manière à procéder d’une prise de conscience afin de réaliser non plus un débat interethnique mais bien un dialogue inter citoyens. C’est cette manière de procéder qu’il convient de saisir. Il s’agira de citoyens  à part entière qui dialogueront au sens littéral du terme en éliminant de leur champ de vision les artefacts de l’engeance d’Eric Zemmour. Nous l’avons nommé interculturalisme comme celui dont semble jouir les faiseurs et défaiseurs d’opinion. Il ne s’agit plus d’avoir des hommes sous forme animale, ou de gratifier généreusement l’animal de caractères humains. Le sujet devient un animal, un être immoral incapable de raisonnements et d’affects. La dialectique de l’idiot utile témoigne d’une indignité propre, d’un ego individuel surdimensionné quasi maladif. . Cette indignité que l’animal doté de la parole attribue aux musulmans  n’est pas seulement un thème privilégié que l’idiot utile s’octroie. Cette séquence met en perspective la volonté de déplacement voir d’extermination pour l’instant verbale de la logique du faiseur et défaiseurs d’opinion.

           

                             Quoi que fort de sa centralité, fort de sa popularité, que l’opinion publique  a préféré  à beaucoup de ses serviteurs dévoués et moins agressifs» l’idiot utile ne fera pas dans la dentelle. Tout semble indiquer, dans cette séquence de l’histoire de l’idiot utile, le non-respect crapuleux des principes de justice indépendamment de la morale qui semblera être bafouée comme pas possible. Ce non-respect des principes se consolidera tant dans la popularité de ses écrits incendiaires que dans les émissions de télévision qu’il animera non sans délectation. Pourtant, en permanence foulés aux pieds, aucune autorisation de prendre la parole pour leur défense ne sera donnée aux musulmans. Dans cette digression entre « le roi et sa proie » qu’il permet de saisir dans toute sa dimension la communauté musulmane aura bien du mal pour ne pas se faire écraser.

                          Cette histoire singulière conforte l’idée de racisme voir d’antisémitisme que l’on repère dans les propos incendiaires du faiseur d’opinion. . La marche des musulmans, et pas la moindre, vers la quiétude sera  interrompue voir bloquée et ne permettra plus d’envisager la société en toute confiance. Cette cacophonie présente dans cet extrait, et dans les propos à venir toutes les caractéristique d’une volonté de nuire et ce de façon gratuite. 

 

       

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