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Liberté d expression à géométrie variable.

Publié le 26 Janvier 2015 par Nasser Adjissa

Mon petit doigt m’a dit

Peut-on tout dire sur L’Islam, les musulmans et Le Rassoul Mohammed que le salut soit sur lui. , En théorie sauf abus, n’importe qui jouit, dans la sphère publique et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression", rappellent régulièrement les tribunaux de justice. Ce droit fondamental, protégé par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme permet en théorie à quiconque de commenter, voire de critiquer, un parti politique, une entreprise voir plus épidermiquement une religion. Libre à lui, aussi, à l'heure des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, de partager son point de vue avec ses collègues et amis. Ce n'est que lorsque ses propos versent dans le dénigrement, l'injure ou la diffamation qu'il y a abus. De toute évidence, La frontière entre la liberté d’expression et l'abus est si poreuse que n'importe quel français peut la franchir, sauf lorsque dans une acception à géométrie variable la justice vient rappeler à l’ordre celle ou celui qui n’aurait pas compris que la liberté d’expression s’arrête dans certains cas à partir du moment où elle dérange d’autres plus puissants. Les choses dégénèrent au moment où l’imprudent n’a pas compris qu’entre les faits et les positions de principes existent un hiatus abyssal que même le devoir d’objectivité ne saurait combler. Dans la plupart des cas l’imprudent somme toute celui qui n’aurait pas compris les arcanes que recèle la liberté d’expression reçoit une injonction judiciaire avec accusé de réception dans laquelle la justice lui reproche un "manque de rigueur" dans son approche de la liberté d’expression. L'intéressé ainsi mis en cause est donc appelé à redresser la barre en fournissant une approche d’une qualité et d'une rigueur irréprochables". Ce que l'intéressé peu au fait des contradictions ainsi dévoilées traduit comme une manœuvre de harcèlement moral.

De toute évidence, sous la bannière de la liberté d’expression c’est bien une guerre qui est menée contre L’Islam et les musulmans cela ne fait plus aucun doute. Cela n'a rien de diffamatoire, d'injurieux ou d'excessif, a estimé la classe politique qu’elle soit de droite comme de gauche, d'autant que cette entreprise de dénigrement sera portée aux nues présentant les détracteurs de L’Islam comme de bon démocrates dénués de toutes arrières pensées..

Les frères Kouachi et Coulibaly ont été enterrés seuls et dans l’anonymat… mais ils ont réussi leur coup en mettant en avant les impondérables que peut comporter la liberté d’expression déposée entre de mauvaises mains et des consciences pour le moins orientées. D’un certain point de vue et dés lors où nous analysons de fond en comble les tenants et les aboutissants de la liberté d’expression, les frères Kouachi et Coulibaly n’ont pas été désavoués par les banlieues. Ou du moins à travers les réserves qui seront implicitement émises ce ne sera pas tant la liberté d’expression qui sera remise en cause que la conception à géométrie variable qui se donnera à voir. Le pire dans tout cela et surfant sur les émotions qu’a engendré cette affaire, sera reproché aux musulmans et aux africains de ne pas se sentir solidaire de cette liberté d’expression où il est de bon ton de critiquer L’Islam et suicidaire de vilipender les juifs sionistes. Interrogé par une jeune qui jugeait injustes les récentes poursuites contre Dieudonné, Manuel Vals a tenté expliqué « la différence entre une opinion et une parole raciste, antisémite ou l’apologie d’un crime ». Ainsi selon cet olibrius, les caricatures du Rassoul Mohammed que le salut soit sur lui, ne porterait pas à conséquence relevant tout au plus d’un trait d’humour à garder au chaud pour les froides soirées d’hiver. Toujours selon les implicites de ce ministre valsant à on ne sait trop quelle idéologie, les campagnes islamophobique ne seraient rien d’autre qu’un épiphénomène qu’il y aurait lieu de prendre comme il se doit, c'est-à-dire avec le sourire (?!?!?)

D’autant qu’un nouveau conformisme se met en place : ne pas critiquer L’Islam, ce serait manquer de respect envers la liberté d’expression. On aura tout entendu. Dans la novlangue « politiquement correcte » c’est déjà assimilé à une restriction de la liberté d’expression le fait de ne pas critiquer C’est ainsi que tous les sous-entendus permissifs sont en train de s’étendre à l’ensemble de la société, voire du monde. A terme, ce sera la chasse aux musulmans qui s’imposera au moins sa détestation. Il n’y a d’ailleurs pas lieu d’être surpris de cela. Le terrorisme est, comme la diplomatie, un moyen au service de fins politiques. Il a toujours joué un rôle en histoire : les Résistants étaient des « terroristes » aux yeux de l’occupant allemand (qui aurait pu leur reprocher leur « germanophobie ») ; les Irlandais ont conquis leur indépendance à coups de bombes ; tout comme le FLN algérien dont la première action fut l’assassinat d’un couple d’instituteurs (les obsédés de la défunte école républicaine et les enseignants devraient méditer ce fait…).

Comme pour bien d’autres causes glauques qu’il n’est pas utile de ressasser ici tant elles nous sortent par les trous de narines, les partisans de la haine du musulman la font progresser en marchant en crabe : les uns font peur par la menace de lourdes sanctions en tenant le haut du pavé de l’opinion publique ou simplement en « tenant » les trottoirs de la publication comme l’a donné à voir le pénible et triste Michel Houellebecq. C’est aussi comme cela dans les salles d’opération : il y a le chirurgien qui ampute et l’anesthésiste qui endort. Les deux sont au service de la même cause, élaguer toute forme de discernement et tout esprit critique jusqu’à ce que mort principielle s’ensuive. Que conclure ? Qu’il serait inutile de débusquer les arcanes on ne peut plus troubles de la liberté d’expression ? Et que nous, nous pourrions connaître son enfer si nous ne mesurons pas, tant qu’il en est encore temps de conjurer le risque de chambardement philosophique et civilisationnel que nous courons. Ce qui est sûr, c’est que celles et ceux qui, dans les partis politiques et les médias, l’éventualité d’un tel bouleversement nient finiront aux poubelles de l’histoire.

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